La catastrophe de Bophal.

L’incident de Bophal, survenu dans la nuit du 2 au 3 décembre 1984, est une des plus grandes catastrophes industrielles jusqu’à aujourd’hui.
L’Inde des années 60 entame sa révolution verte en réponse à la croissance de sa population. Elle a donc besoin de plus d’engrais, plus de pesticides et 2 usines sont donc construites, dont une à Bhopal, à 600 km au sud de Delhi. Située à quelques kilomètres de la ville, l’usine attire un peu de développement et les gens affluent autour de cette zone industrielle. Bientot, l’usine se retrouve dans la ville. Dès sa construction pourtant (1978), on avait déjà noté des problèmes de sécurité : un immense incendie en 1978 et de cinq importantes fuites de gaz en 1981 et 1983 soldés par un mort, quarante-sept blessés et plus de 670 000 dollars de dommages. Tout cela pourtant restait le secret des autorités pour qui Union Carbide organisait des soirées de grand faste. 
A partir de 1982, l’usine devient largement déficitaire puisque les principaux engrais produits ne se vendent plus. La maison mère envisage alors de fermer l’usine et fait des coupes énormes dans le budget qui se répercutent sur l’entretien et le personnel qualifié. Se produisent alors plusieurs fermetures temporaires.
Le premier incident survient le 21 octobre 1984, vers 22h : il devient impossible d’augmenter la pression dans le réservoir.
Dans la nuit du 2 au 3 décembre, on décide de nettoyer un tuyau menantau réservoire à grande eau. Il s’avère que la vanne vers le réservoir avait été laissée ouverte par erreur. Mille litres d’eau s’y déversent. Dans les heures qui suivent, la pression ne cesse d’augmenter. Personne pourtant ne réagit, habitués aux dysfonctionnements des appareils de mesure. On observe d’autre part quelques fuites de gaz. Ca n’est que quelques heures plus tard que le controleur rappelle une ultime fois le responsable sécurité, effrayé de constater les tremblements du réservoir et la fumée qui s’en échappe. Quand il arrive enfin, il est bien trop tard, le couvercle se soulève et un nuage toxique s’en échappe.
Les erreurs ont été nombreuses:  le système de réfrigération avait été mis hors service pour faire des économies et l’alarme débranchée au moment du drame.
Au final, 3 828 morts, 40 incapacités totales définitives, 2 680 incapacités partielles définitives, 1 313 incapacités partielles temporaires avec invalidité définitive, 7 172 incapacités partielles temporaires avec invalidité temporaire, 18 922 invalidités définitives sans incapacité, 173 382 invalidités temporaires sans incapacité, 155 203 blessures temporaires sans invalidité.
Union Carbide s’empresse d’envoyer des médecins, du matériel et de l’argent. Pourtant, le mal est fait et, ne dévoilant pas la composition des gaz liberés, il est impossible de résorber le nuage ni de soigner réellement les gens.

Warren Anderson, le PDG de l'usine est recherché par les autorités indiennes pour avoir négligé 30 problèmes de sécurité majeurs dans cette usine, alors que des problèmes analogues avaient été réparés dans une usine située aux États-Unis. Le mauvais entretien de l'usine est la cause de cette explosion.
La compagnie Union Carbide fut ensuite rachetée par Dow Chemical qui laissa le site à l'abandon. Les déchets de l’usine ayant été longtemps simplement enterrés, il continuent à polluer les nappes phréatiques à proximité. L’intoxication continue. Des compensations furent accordées à quelques familles pour éviter des plaintes, et la majorité des survivants continuent de vivre aux abords d'un site toujours toxique.Union Carbide a versé 470 000 000$ mais continue de refuser d'accepter la responsabilité. Chaque victime a reçu la somme scandaleuse d’environ environ 500$.