Les Moghols 

En dépit du terme «moghol», dérivé de «mongol», qu’on lui applique, la dynastie qui règne en Inde de 1526 à 1858, avec des fortunes diverses, n’est pas considérée par les historiens comme étant d’origine mongole.
L’Empire moghol se maintient en Inde pendant plus de trois siècles et quatre souverains se succèdent de père en fils en l’espace de cent cinquante ans (1556 - 1707), permettant ainsi une remarquable stabilité de l’administration et un épanouissement, parfois somptueux, de la vie sociale et culturelle. C’est à propos de ces six empereurs Baber, Humayun, Akbar, Jahangir, Shah Jahan, Aurangzeb, qui règnent sur l’Inde de 1526 à 1707, qu’on a pu utiliser l’expression de «Grand Moghol». Si Baber, en instaurant la dynastie moghole, est devenu une figure majeure de l’histoire universelle, Aurangzeb, le dernier Grand Moghol, doit être tenu - tel est le jugement du poète-philosophe Iqbal, père spirituel du Pakistan - pour «le fondateur de la nationalité musulmane en Inde».
Dans toutes ses manifestations - architecture, peinture, arts mineurs -, l’art des Moghols témoigne de qualités très attachantes : équilibre et mesure, somptuosité discrète et raffinée, soin dans l’exécution. Il est également doté d’une originalité certaine qui lui a permis, à partir de formules empruntées tant à la Perse qu’à l’Inde, de créer un style particulier, lequel a lui-même largement influencé les cours princières de l’Inde hindoue du XVIIe au XIXe siècle